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PAROLES

 

 

 

 

TÉMOIGNER, AGIR

Si les stéréotypes veulent que le Mexique reste le pays du machisme, la femme n'en est pas moins un moteur d'action sociale, culturelle et éducative. Par la prise de parole en premier lieu. Ainsi, depuis quelques décennies des femmes indigènes ou chicanas -minorités dans la minorité dirons-nous- témoignent de leur vie. C'est de manière orale, parce que n'ayant pas eu le privilège d'être alphabétisées, que Ma'h Avrila et Irma nous content leur mariage, forcé. Sous la plume des ateliers de l'INAREMAC de San Cristobal dirigés par André Aubry, et d'Elizabeth Stutz ce sont les aléas de la condition féminine indigène chiapanèque qui se présentent à nous.
Si elles affichent une certaine soumission parce que les conventions les emprisonnent, leur pouvoir n'en reste pas moins puissant par l'influence qu'elles exercent sur les hommes et la dynamique qu'elles créent dans leur entourage, dans le silence, ou timidement quand un anthropologue vient à les interroger. Jusqu'au jour où le murmure se fait plus intense et qu'elles passent à l'action.
C'est encore dans le Chiapas, région des inégalités extrêmes, que las femmes indigènes zapatistes ont établi une liste de revendications en 1994, comme auraient du le faire leurs ancêtres dans les régions septentrionales lors de la Révolution, pour améliorer le quotidien, pour accéder à l'éducation, pour faire évoluer des mentalités archaïques de 500, 2000 ans...

 

ÉCRIRE

C'est au travers de l'art et de la représentation dans les "sphères élevées de la société" que nous pouvons discerner une véritable évolution. Ainsi en 1993 était créé à Guadalajara le prix Juana Inès de La Cruz récompensant une œuvre littéraire féminine du Mexique ou d'ailleurs. Il faut dire que Sor Inès avait déjà ouvert la voie il y deux siècles...au prix de sa féminité.
Durant notre siècle, des femmes comme Elena Poniatowska, écrivains et politologue, Rosario Castellanos, écrivain engagée fermement dans la défense indigène, ou Carmen Lira, directrice générale de La Jornada, n'ont rien à envier à leurs consœurs européennes. Ainsi, dans ce quotidien -et hebdomadaire; La Jornada Semanal- largement diffusé au Mexique et sur le web sont éditées de nombreuses écrivains telles que  Rosa Montero, Cristina Pacheco ou Rosa Nissan. Nous avons choisi certaines de ces nouvelles de manière non exhaustive.
Dans d'autres domaines tels que la danse, la musique et l'art dramatique on retrouve une grande participation féminine. L'enjeu ne se réduit plus à être présentes dans l'art. Elles s'engagent aujourd'hui à ébranler les milieux fermés, avec douceur ou par coups d'éclats avec comme perspectives de changer les mentalités.
Souhaitons-leur bonne chance.
Souhaitons-nous bonne chance.

 

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